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SURF


Le Syndrome de Stendhal peut s’expérimenter aussi bien par le biais d’oeuvres d’art que par une immersion au sein des milieux naturels ambiants.

Si diverses pratiques sportives peuvent amener à vivre des expériences uniques, les sports de glisse et en particulier le surf permettrait d’atteindre des états modifiés de conscience.
Le contact direct avec l’élément naturel serait la source d’une expérience d’unicité avec le monde et avec soi-même.

Expérience ultime
Quel surfeur n’a fait l’expérience d’une absorption intense dans son activité (définit non comme un sport mais plutôt comme un exercice spirituel par Nat Young)?
Dans ces moments-là le surfeur est totalement imprégné dans l’activité elle-même : le sentiment du moi se dissipe, il ne voit plus le temps s’écouler : une résonance s’établit entre l’action, le milieu extérieur et la pensée. Une communion s’opère entre l’observateur et l’observé : l’esprit se vide, attentif et libre, dans un total état de détente et de bien-être.
C’est une expérience intime qui embrasse toute notre perception de l’univers et son interdépendance, qui ouvre au monde et aux autres. Un contact qui contourne l’entendement et ses constructions verbales, pour pénétrer directement l’inconscient avec son contenu émotionnel et archétypal.

Le surf -plus que tout autre sport de glisse ?-, un moyen de vivre
une expérience que d’aucun qualifierait de mystique ?
"...ce jour-là, j’ai vraiment senti la plénitude, comme si on était proche de la perfection..."

Symbiose
Nombre de surfers témoignent donc d’une sensation d’unicité
avec l’océan, d’un état de non pensée dans l’action -thème
présent dans le bouddhisme zen-, d’une symbiose entre
l’esprit, le corps,
l’action et le milieu naturel, d’une inexistence du temps.
L’immersion totale au sein d’un élément naturel puissant adjoint à une pratique difficilement maîtrisable seraient les clés pour expérimenter des sensations extrêmes au-delà de tout effet purement sportif.
Une simple planche en mousse permettrait de se connecter non seulement à son moi profond mais aussi de rentrer en communion avec l’élément naturel.

La glisse comme facteur déclencheur
Ce discours proche du mysticisme n’est rendu possible que par le fait que les sports de glisse ont une particularité bien marqué.
Il s’agit de s’adapter à des éléments naturels -ici les vagues- et de glisser... ce court moment de pure sensation au-delà de toute friction et de tout bruit est un élément hautement déterminant :
le corps et l’esprit, après nombres d’efforts, se relâchent et font en sorte que la pensée analytique (et tous ses freins) puisse disparaître.
Le phénomène de la «glisse», de cette particulière sensation fugitive de n'être plus en contact avec le monde tout étant émergé dans une sensation pure, d'être dans un état d'attention extrême tout en étant relâché, amènerait l’esprit à une concentration totale propice à des états de profonde paix intérieure.

Il est d'autant plus interessant de mettre en parallèle ces expériences et sensations avec celles notamment décrites par les yogis hindous et par les moines zen.