| PHILIP
GLASS
Motifs répétitifs, nappes de cordes entêtantes, séquences
musicales en constantes variations, boucles de musique d’apparence
classique...
La musique de Philip Glass, compositeur américain né en
1937, se démarque par sa puissance et sa modernité de conception.
S’inscrivant dans les années 70 par un style
de musique répétitive, Philip Glass, rejetant
le sérialisme, a créé depuis des dizaines
d’œuvres d’ampleur qui, tout en ne délaissant
pas une certaine façon d’intégrer les
phrases musicales, explorent différentes voies :
opéras, concertos, symphonies, musiques pour le
théâtre, la danse, le cinéma ou inspirées
d’oeuvres "pop".
L'Orient
La force principale, cette force qui capte irrémédiablement
l'attention, de la musique de Glass réside dans
son utilisation de boucles reproduisant de manière
systématique les mêmes séquences musicales.
Cette utilisation des boucles est-elle due à la
transcription de la musique de Ravi Shankar en notation
occidentale, effectuée par le compositeur en 1963
et 1964 ?
La musique orientale a permis en effet à Philip
Glass de sortir des cadres classiques de la musique occidentale.Après
s’être documenté en Inde, dans l’Himalaya
et en Afrique du Nord, Glass retourne à New York
pour appliquer ces techniques orientales à sa propre
musique.
Sa musique possède ainsi la rigueur et les sonorités
du classique tout en utilisant les constructions complexes
indiennes.
Les boucles
Ce qui capte l'attention et, au final, hypnotise dans la
musique de Philip Glass se sont donc les boucles.
Et c'est en celà que réside la fantastique
modernité de sa musique.
Bien avant les différents courants de la musique électronique
moderne où les boucles sont souvent la source première,
Glass structure ses compositions à la sonorité d'un
premier abord classique par l'insertion de séquences
répétitives.
Ces insertions donnent non seulement une constrution moderne
mais provoquent aussi -et surtout- un état d'attention
accru voir modifié.
Ce qui est somme toute normal puisque les structures répétitives
sont parfois utilisées dans la musique orientale
pour mener à des états de consciences modifiées.
Les correspondances
Philip Glass est un compositeur qui réalise souvent
les musiques de spectacles et de films :
"
La musique est l’inconscient du film, nous disait
le compositeur Nicola Piovani…
Il a raison.Certains réalisateurs croient encore
qu’elle n’est là que pour décorer
le film. Quelle erreur! La musique donne le point de vue émotionnel
du film. Elle a aussi le pouvoir d’articuler sa structure"
Philip Glass met en symbiose le son et l'image.
Pour créer une nouvelle oeuvre d'art.
Sa partition pour le Dracula
de Tod Browning, chef d'oeuvre du muet de 1931, créée en 1998 et jouée
dans le monde entier en est la parfaite illustration.
Alors que le film, projeté sur une immense toile
tendue, a déjà commencé et
que la musique structure le récit, apparaît
peu à peu en transparence, par un savant jeu de
lumière, l'ensemble instrumental réunit par
Glass.
Le film, la musique, les musiciens, l'osmose est totale
et l'émotion esthétique atteint son comble.
Tous les sens sont comblés par cette expérience
sensorielle rare : "... le rôle de l’artiste
est vraiment de transcender le monde".
Quelques repères...
Glassworks (1982)
Symphony n°2 ET N°3 (1994/95)
Low (1992, symphonie inspirée par David
Bowie et Brian Eno)
Dracula (1998, avec le
Kronos Quartet)
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